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Victor MIOT

Architecte et Maître de conférences / École de l'architecture de la ville et des territoires Paris-Est / Marne-la-Vallée

Architecte, Victor Miot est également Maître de conférences associé à l’École de l’architecture de la ville et des territoires Paris-Est (EAVT), école de l’Université Gustave Eiffel. Rencontre avec un praticien pour qui l’enseignement est une source d’inspiration constante.

Enseigner m’aide à conserver un regard critique sur le monde professionnel.

Publié le

« Être en prise avec les attentes de la société »

Victor, architecte et maître de conférences 

 

Quel est votre rôle au sein de l’École d’architecture ?

Je suis enseignant de projet en charge de la coordination de la première année. Avec les autres enseignants de l’école, je participe aussi à l’encadrement de l’habilitation à la maîtrise d'œuvre en son nom propre (HMONP), c’est-à-dire des étudiants qui suivent une année de formation supplémentaire afin de pouvoir monter leur agence. 

 

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Formé à l’École de l’architecture de la ville et des territoires, j’en ai été diplômé en 2009. J’ai commencé ma carrière au sein des agences de plusieurs enseignants de cette école. En 2017, j’ai fondé Obvie, mon agence d’architecture. La même année, je suis revenu à l’EAVT, cette fois en tant que maître de conférences.

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager dans cette double voie ?

Mon choix de mener de front une agence et un enseignement n’avait rien de fortuit ! Au moment de m’installer, après avoir travaillé plusieurs années pour des confrères talentueux, j’ai ressenti le besoin de cerner mon véritable ADN, de savoir qui j’étais en tant qu’architecte. Enseigner en première année m’a permis de redécouvrir ce qui constitue à mes yeux les fondamentaux de ma discipline : éviter le superflu, revenir à l’essentiel avec une économie de moyens et des matériaux naturels. Sortir de l’architecture des années 2000, que je qualifierais d’excentrique, pour renouer avec une approche plus essentialiste. Ainsi, j’ai fondé un enseignement et la doctrine de mon agence dans le même mouvement.

 

Entre votre agence et l’enseignement, comment gérez-vous votre temps ?

Mon temps d’activité dans l’enseignement est d’environ une journée et demie par semaine. Mais à mon sens, le temps passé à l’école ne doit pas être vu comme du temps en moins à l’agence, mais plutôt comme une prise de distance qui permet de conserver un regard critique sur le monde professionnel.

 

À quoi ressemble une journée d’enseignement ?

Le matin ont lieu des cours magistraux d’histoire, d’environnement, de structure, etc. Je donne un cours intitulé « outils du projet », centré sur l’étude de cas de construction réelles. L’après-midi, les étudiants participent à des « ateliers de projet », où ils travaillent sur des projets fictifs pour mettre à profit les cours du matin. Chaque enseignant y accompagne une vingtaine d’étudiants : l’approche est donc individualisée. Elle permet aussi de déceler des tempéraments, des manières de faire propres à chacun et d’adapter son enseignement. En dehors de ces temps, je participe également à tout ce qui fait la vie collective de l’école, avec notamment des conférences et des workshops.

 

Comment jugez-vous votre environnement de travail ?

J’apprécie cette école pour sa taille modeste. Tout le monde se connaît. Le bâtiment est centré sur un grand hall où les enseignants se croisent sans cesse. Il offre une qualité d’espace propice aux échanges, d’où une relation de proximité et de confiance dans la communauté enseignante. Par ailleurs, tous les enseignants de projet s’imposent l’enseignement croisé, ce qui signifie que les jurys de première année accueillent des professeurs des autres années, et vice-versa. Cela donne une connaissance globale de tous les enseignements dispensés.

 

Quelle forme de reconnaissance tirez-vous de votre rôle d’enseignant ?

La région Île-de-France compte de nombreux architectes installés de longue date : pour un jeune praticien comme moi, intervenir dans un établissement d’enseignement supérieur public contribue à asseoir un profil. C’est sans doute une forme de garantie aux yeux du monde professionnel.

 

Comment voyez-vous votre avenir au sein de l’Université Gustave Eiffel ?

Je souhaite y poursuivre mon engagement. Enseigner m’aide à rester en prise avec les attentes de la société. Par exemple, on se rend compte que les étudiants de première année sont aujourd’hui beaucoup plus au fait des questions climatiques qu’il y a quelques années. En tant que praticien, c’est une chance que de rester au plus proche de l’actualité et des enjeux architecturaux par le biais de l’enseignement. 

Humainement, j’éprouve aussi une satisfaction particulière à retrouver d’anciens étudiants à des jurys de master. La première année est la plus sélective. Lorsqu’un étudiant qui vient de valider son diplôme me dit simplement merci, je me sens heureux de l’avoir guidé dans ses premiers pas. Se dire que l’on a ouvert plutôt que fermé la porte à une majorité d’étudiants, c’est vraiment se sentir utile !